Lundi 27 août : notre D. Day à nous, mais à quelle heure ?
A 03h00 du mat, Pascale se lève afin de terminer la confection des gilets que les enfants porteront pour la remise. Courageusement, Grégoire accepte de tenir, seul et sans appui, sa position, un lit en 190 somme toute assez confortable.
Réveil, pas stressé pour deux sous. Petit déjeuner.
Coup de fil d’Annette (la personne qui s’occupe de tout l’administratif extérieur à FANA (notaire, avocat, juge) à 09H : la remise de nos enfants débutera à 12h, nous devons être à l’entrée de Plenitud (notre hôtel) à 11h15.
La tension monte d’un cran.
Nouveau passage à la réception. Milagro (miracle), il est finalement possible de déménager aujourd’hui, à condition d’être prêt à 10h pétantes. Petite MRT : si nos bagages quittent la chambre à 10h05, et compte tenu du nombre d’ascenseurs en état de fonctionnement conséquent, elles doivent pouvoir atteindre l’étage supérieur à 10h15 sans problème, avec une marge de 5 mn. Nous aurons alors 1 heure pour nous redoucher, nous habiller, faire un brush (pour celui ou celle d’entre nous qui a encore des cheveux), et commencer à ranger les vêtements et jeux des enfants dans leur chambre afin qu’ils se sentent attendus. OK, va pour un déménagement à 10h00.
09h55 : nos 84Kg initiaux, auxquels se sont ajoutés vin, huile vinaigre, sel, sucre, pain, chocolat, café, riz, thé, confiture, pain, riz… sont rassemblés à l’entrée de l’appartement, nous sommes dans les starting-blocks.
10h10, tel la sœur Anne et ne voyant toujours rien venir, je descends à la réception ; « no se inquieta, alguien viene para coger el equipage (ne vous inquiétez pas – formule entendue mille fois – quelqu’un vient prendre vos bagages) ».
10 mn plus tard, situation inchangée, sauf que dans les starts, on commence à avoir des crampes et surtout un rythme cardiaque qui s’accélère. Coup de fil fil à la réception : « oui, oui, il est en train de monter » ; et ainsi jusqu’à 10h40. Deux voyages du garçon d’étage sont nécessaires pour tout monter. Le déménagement s’achève à 11h00.
Adieu deuxième douche, brush et pomponage, il faut s’habiller en vitesse dans un appartement dans lequel les femmes de ménage s’affairent toujours.
Catastrophe, l’adaptateur pour prise électrique que nous trouvons dans l’appartement ne s’adapte pas au sèche-cheveux de Pascale. Une femme de ménage tente de nous en faire parvenir un par le biais de la réception, mais il n’arrive qu’au moment où nous nous ruons au dehors.
11h15 : nous rejoignons Annette à l’entrée de l’hôtel, essoufflés, le cœur battant (absolument pas à cause d’un quelconque stress, juste parce que nous sommes à 2600m d’altitude, et que l’oxygène y est plus rare que chez nous).
Dans le taxi, tout en faisant la connaissance d’Annette, nous finissons de coudre les boutons des gilets des enfants ; cela nous permet de ne pas regarder la manière de conduire du chauffeur. Nous effectuons en 20 minutes un trajet qui prend habituellement une demi heure à trois quarts d’heure.
11h40 : après avoir effectué sur les chapeaux de roues en 20 minutes un trajet qui en prend normalement 40, ça y est nous sommes devant FANA (Fundacion para la Asistencia de la Niñez Abandonada), dans quelques dizaines de minutes nous serons parents.
Accueillis par Maria-Teresa, nous faisons la connaissance de Jenny avec laquelle nous avons beaucoup parlé par téléphone depuis plusieurs mois, de Flor, de Adriana, de Elisabeth… que celles que j’oublie à l’instant me pardonnent. Toutes ces dames oeuvrent pour que nos enfants et leurs camarades aient la vie la plus agréable et la plus constructive possible avant de rencontrer leurs parents.
Nous remettons les vêtements que porteront Bertille et Roch lorsqu’ils nous seront officiellement remis, puis nous attendons un peu, donnons nos passeports à Annette afin qu’elle puisse en faire des photocopies, attendons encore, sortons le caméscope et l’appareil photo… « M…, je les oubliés » ; dans la précipitation du déménagement, ils sont restés à l’hôtel. Les employés sont une fois de plus voués aux gémonies, mais cela ne nous avance pas à grand-chose, nous n’auront pas d’image de ces moments que nous imaginons magiques.
Fracture du moral, les nerfs craquent un peu. Heureusement Annette veille et s’occupe de trouver des appareils à FANA. Ouf !!
Vient ensuite un entretien formel avec Jenny, psychologue de FANA, qui nous parle à nouveau des enfants et du suivi psychologique qu’elle a pu faire, et nous remet pour chacun des enfants un album photo le présentant dans son cadre de vie. Elle nous donne également les cahiers de classe de Bertille, qui est toujours Juana-Maria, et que nous appelons Juanita ou Juani.
Après Jenny, c’est au tour d’Elisabeth, l’infirmière, de nous recevoir dans son bureau. Elle nous remet les dossiers médicaux de nos enfants, dans lesquels sont consignés jusqu’à leur moindre rhume ainsi que le traitement qui leur a été administré. Cela n’a l’air de rien, mais cela nous permet de nous sentir encore plus proche d’eux, d’en faire encore plus nos enfants. Elisabeth nous donne deux papiers par lesquels FANA reconnaît n’avoir plus de documents relatifs à la santé de Juana et Daniel, et un autre, que nous devrons donner au garde à la sortie, stipulant que les mineurs Juana-Maria Rodriguez Triana et Daniel Triana Castro ont été remis à Grégoire René Geoffroy GAUDIN et Pascale Edith Nathalie THEVENIN épouse GAUDIN.
Retour dans le célèbre salon vert, dans lequel ont lieu toutes les remises. Lieu chargé d’émotion, aux murs couverts de photos des milliers d’enfants qui grace à FANA ont trouvé un papa et une maman (plus de 10 000 en 35 ans).
Assis dans un fauteuil en cuir fauve, nous entendons que dans le couloir les choses changent. Nous reconnaissons la voix de Juani, pour l’avoir entendue si souvent au téléphone depuis le mois de mai.
Ils entrent, aussi tendus que nous le sommes. Ils ont l’air surpris, mais pas déçus. Nous sommes comblés. Dès que nous avons aperçu le bout de leur chaussures il nous a été impossible de rester dans le canapé pourtant très accueillant.
Ils sont dans nos bras, nous dans les leurs, Roch avec Grégoire, Bertille avec Pascale, mais elle s’en va, intimidée. Jenny lui parle et elle revient, embrasse son père qui n’en peut plus, Roch s’en va à son tour, fait demi-tour et s’installe tout naturellement dans les bras de sa maman.
Bertille-Juana a un peu de mal, Jenny sert à nouveau d’intermédiaire.
Après ces moments d’émotions, il faut poser pour les photos officielles, sur le canapé; les choses se font naturellement, sans brusqueries.
Il faut à nouveau se plonger dans l’administratif, signer en 6 exemplaires le papier disant qu’on accepte les enfants, des fois qu’on serait pas sûrs.
Vient ensuite le temps du départ, un taxi est appelé par Annette. Désormais, et après près de 10 ans de mariage, nous avons une fille de 4 ans et demi et un fils de 20 mois.
A propos du fils, il se fait remarquer olfactivement. Premier change par sa maman : diarrhée. Super, en plus il déteste être changé.
Nous sommes 6 dans le taxi : le chauffeur à l’avant, normal, Annette sur le siège passager, et nous quatre à l’arrière. Bertille s’endort très vite dans les bras de Pascale, Roch reste sur les genoux de Greg et montre un intérêt particulier pour les voitures rouges.Les prochains chapitres ne s’écriront plus à 2, mais à 4.
mercredi 5 septembre 2007
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7 commentaires:
Toutes nos félicitations ! Nous vous souhaitons beaucoup de joie et de bonheur ensembles,et nous vous embrassons de tout coeur, tous les 4 !
Dans l'attente de faire la connaissance de vos p'tits bouts !
MERCI.. MERCI... MERCI
Beaucoup, beaucoup, beaucoup de bons baisers.
Bon anniversaire de mariage
Quel bonheur de lire et de voir votre émotion...
Vos enfants sont magnifiques...
Nous vous embrassons tous les 4 mais "PeRRRRe-ééé-tienne" fait plus particulièrement un "bidou" à "ma coudine Bitille" et à "gand bébé coudin RRRRRRRRRoch"
Ca y est, j'ai lu votre saga. Avec beaucoup d'émotion ! merci de nous faire partager votre joie. Quant aux devinettes sur le poids des fringues de Pascale, la longueur des cheveux de Grégoire et l'âge du capitaine, vous pourriez faire un quizz...
Nous vous embrassons tous les quatre.
F
Quel bonheur d'avoir des nouvelles et de partager avec vous ce moment.
J'en ai les larmes aux yeux repensant à la rencontre avec les notres.
Nous on avait l'appareil photo mais on a juste oublié de le donner à notre interprête!!!
Que d'émotion
Un grand merci pour ce blog et on attends la suite
Beaucoup de bonheur à vous 4
Cathou
Quelle délicatesse que la vôtre de nous faire partager un tel bonheur ! Jamais je n'oublierai ton regard Pascale ni ton rire, Grégoire. Même nos enfants sont restés muets d'émotion.
Bertille et Roch dont magnifiques et c'est à notre tour d'attendre, avec beaucoup d'impatience, de pouvoir les embrasser.
Merci et Dieu vous garde !
C'est avec une grande joie que nous avons appris cette bonne nouvelle de l'agrandissement de la famille Gaudin. Bertille et Roch sont magnifiques, votre blog émouvant et plein d'humour.
Merci de partager cela avec nous.
Bises des Dufour
(nous, on est toujours à Paris, nouvelle adresse 7 rue d'Anjou PARIS 8e... au plaisir de vous revoir en famille).
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