samedi 8 septembre 2007

Déjeuner entre Français et première grosse frayeur parentale

Dimanche 2 septembre :
Sur le coup de 10h30, nous faisons la rencontre des Holstein (Eric et Florence) et des Heurtault (Florent et Laurane) et de leurs enfants Elias et Sarah pour les premiers (bientôt 4ans et 3 mois et demi), Callista (15 mois) pour les seconds.
Grosse fracture de moral lorsque Florence nous explique que l’allongement du délai avant de passer à l’ICBF (Cf. Vendredi 31 août) entraîne une prolongation du séjour en Colombie du nombre de jours équivalent (apparemment une petite joyeuseté réservée aux adoptants via FANA). Pascale et les enfants risquent donc de ne revenir en France qu’aux alentours du 14 octobre, et plus du 7 comme estimé précédemment, alors que Greg qui aura quitté seul Bogota le 16 septembre risque de partir en Guadeloupe à partir du 25 octobre.
Après un passage à la kermesse dominicale dans le patio, puis au parc de l’hôtel, nous décidons d’aller manger tous les onze dans un resto du coin. Les viandards emportent le choix de l’établissement : ce sera Viva Brasil, qui propose une dégustation de viandes grillées à volonté.
Alors que nous nous apprêtons à sortir, la pluie se met à tomber : pas question de se déplacer à pied. Nous appelons deux taxis (taille fiat 500), dans lesquels nous nous entassons (y compris nos trois poussettes, les vanity-cases et autres doudous).
Il ne pleut plus lorsque les taxis nous déposent devant le restaurant ; Eric et Florence, qui connaissent notre destination, s’aperçoivent que les chauffeurs se sont plantés d’adresse, mais nous décidons de rejoindre notre destination à pied. C’est en sortant du taxi que Grégoire y oublie les lunettes de son fils (Cf. Mercredi 29 août), mais il ne s’en rendra compte qu’en quittant le resto.
Pendant que les adultes sirotent des apéritifs locaux, les enfants passent aux choses sérieuses, engloutissant moult chorizo grillé et tout le pain qui entre dans leur champ de vision.
Les serveurs nous présentent les morceaux embrochés sur une sorte d’épée et les découpent au dessus de nos assiettes. Bœuf, veau, porc, agneau, mouton se succèdent, mais seuls Eric et Grégoire osent essayer le pis de vache (sans véritable intérêt, si ce n’est de dire qu’on en a mangé, mais c’est difficile à placer dans une conversation, à moins peut-être d’être invité à dîner un mercredi soir).
Roch et Calista jouent à celui qui en mettra le plus par terre ; ex-aequo à la fin du repas. L’apéro et l’excellent vin rouge en provenance du Chili (en temps que Français, c’est dur à écrire, mais c’est la réalité) ont permis à Greg et Pasc d’oublier un peu la mauvaise nouvelle.
Après une glace dans une boutique proches nous sommes invités à prendre un café au Refugio, une pension de famille ultra célèbre chez les Français adoptants, et où logent nos amis.
Bertille et Hélias s’amusent à se courir après, Sarah fait la sieste, Calista joue calmement, et Roch s’aventure sur l’échelle de rondins qui monte au toboggan, soutenu par son père. Il gagne progressivement en assurance, puis en expertise, et monte bientôt totalement seul, Grégoire n’assurant plus qu’une supervision lors de la montée et la réception à la fin de la descente. C’est alors qu’une chute sans gravité met le Refugio en émoi, après un passage entre deux barreaux. Roch s’est ouvert la lèvre et saigne un peu du nez ; il est pris en charge par Rosita, une employée colombienne du Refugio, et examiné par un résidente basque espagnol, médecin de son état. Chute sans gravité disions nous, mais qui met toutefois les parents dans tous leurs états.
En quittant le Refugio nous filons par l’Unicentro, puis nous nous dépêchons d’aller à Santa Beatriz pour la dernière messe de la journée dans le quartier ; notre expérience de la semaine précédente nous a appris que pour avoir une place, il faut arriver au plus tard 5mn avant le début de la célébration, et avec les enfants il est difficile d’imaginer rester debout.
Poussette dans l’allée, vanity sous le banc, enfants sur les genoux et parents sur les rotules ; belle messe, sortie après une prière en famille dans une chapelle latérale, nous nous dirigeons vers l’hôtel. Au bout de 10mn, alors que nous sommes presque arrivés, Pascale et Grégoire s’accusent l’un l’autre d’avoir oublié le vanity contenant tout ce qui doit permettre de changer Roch et surtout ses médicaments. Un sprint de quelques minutes amènera Grégoire au bord de l’asphyxie (pas parce qu’il manque d’entraînement, mais because on est à 2600m d’altitude, on va pas vous le rappeler cent fois) aux portes closes de l’église ; l’interphone le mettra en relation avec un vigile qui ne connaît ni le code de l’alarme ni le numéro de téléphone du curé. Re-passage à l’Unicentre pour acheter au moins des lingettes, et retrouvailles à l’hôtel.
Le stress causé par la chute n’a pas cessé et il va durer toute la nuit, à se relayer pour surveiller un bébé qui avait repris une vie normale au bout de 10 minutes, et qui aura juste une petite croûte pendant une semaine.Diner presque normal pour les enfants (Roch a gagné le droit d’être un peu difficile ce soir là), mais rien pour les parents inquiets.

1 commentaire:

Amatxi a dit…

Difficile de rester insensible à tous vos tracas "normaux" à côté de tous vos moments "normaux" de joie. Je pourrai dire que vous nous tenez en haleine, mais ce serait un sacré égoïsme de notre part.
Nous vous tenons dans nos prières pour que la suite de votre séjour, et votre vie de famille ne se marque qu'en termes de bonheur et d'amour. Je vous embrasse tous les quatre bien fort.
Amatxi